Le Mépris de la mort et consolation de la vie, le principal ouvrage composé par Chassignet, est une suite de 434 sonnets entrecoupés de différentes prières et méditations sur le caractère éphémère de l'existence.
Ce que tu vois de l’homme, homme, l’homme n’est pas,
C’est seulement l’écorce et la coque fragile
De l’âme incorruptible, immortelle, et subtile1,
Durant ce peu de temps qu’elle loge ici-bas.
En voulons-nous éclore et, malgré le trépas,
Devenir Citoyen de l’éternelle ville2 ?
Rompons premièrement cette prison servile,
Foulant dessous les pieds les terrestres appas.
Ainsi, quand le Phœnix aggravé de vieillesse
Se veut régénérer en nouvelle jeunesse,
Soi-même il se bâtit son nid et son tombeau,
Se brûlant au Soleil : un vert3 naît de sa cendre,
Du vert un œuf, de l’œuf s’éclot un oiseau tendre4,
À l’autre tout pareil, mais plus jeune et plus beau.
1. Subtile : impalpable, volatil.
2. Éternelle ville : périphrase désignant le Paradis.
3. Vert : désigne ici un organisme jeune et nouveau.
4. Tendre : jeune.
Source : https://lesmanuelslibres.region-academique-idf.frTélécharger le manuel : https://forge.apps.education.fr/drane-ile-de-france/les-manuels-libres/francais-seconde/-/tree/master?ref_type=heads ou directement le fichier ZIPSous réserve des droits de propriété intellectuelle de tiers, les contenus de ce site sont proposés dans le cadre du droit Français sous licence CC BY-NC-SA 4.0 